Tous les lundis c'est le même bordel. Je suis en stress, j'ai l'estomac en vrac, la tête bien au chaud dans le derrière et les yeux explosés. Et si ça ressemble un peu aux symptômes de la gueule de bois, l'alcool n'est pas du tout la cause d'un tel état.
Alors que le réveil sonne à 6.30 pour mon homme, je comate profondément sous la couette. Le laissant se lever, prendre sa douche et son petit déjeuner, je continue à rêver, dans un demi-sommeil jusqu'à ce qu'il vienne me sortir de mes songes pour partir au travail. Un dernier câlin, un dernier baiser, un dernier coucou... et le voilà parti au volant de sa vieille Mégane coupée...
Arrive alors l'étape du retour à Orléans. Abandonner Kiya dans le couloir, après une dernière caresse et quelques recommandations. Passer la porte de l'appartement et la fermer, à double tours. Rejoindre le bus, la gare, ou l'autoroute, pour prendre le chemin de la routine. Pour une semaine.
Au début, même si c'était triste, c'était « facile ». Les prémices de la relation aidaient. Mais aujourd'hui, sept mois (jour pour jour, presque heure pour heure) après le premier baiser, les choses ont changées. Les séparations deviennent de plus en plus dures. Le manque de plus en plus rapide. Le besoin de plus en plus intense. Et nous arrivons à des âges où nous avons envie de nous poser... Et je crève envie d'avoir ma petite vie en mode « Michael and Ben »... les plans cul en moins !
A plusieurs reprises déjà, il m'a invité à venir partager sa vie, à temps plein. Aujourd'hui, je sais que j'en ai envie. Je me sens prêt à prendre mes valises et à les déposer dans ce charmant appartement du centre de Chambray. Qu'on y fasse des travaux. Qu'on le redécore. Que j'y intègre mon bordel... Mais pas avant d'avoir résolu mes problèmes de vie professionnelle.
Il faut juste que je me sorte les doigts du *censured* pour faire avancer les choses. Et dans quelques mois, si les dieux sont avec nous, nous serons enfin réunis... à temps plein !
